
CORRIGE : Rédiger une introduction sur le sujet
"Les économies-mondes successives de 1850 à nos jours"
1ère proposition
En avril 2018 se tiendront à Gold Coast en Australie, les prochains jeux du Commonwealth, sorte de jeux olympiques d’été réservés aux athlètes des pays appartenant à la « Communauté des Nations » (traduction de Commonwealth). Cette association regroupe 54 États, pour la plupart d’anciens membres de l’Empire colonial britannique, qui ont souhaité, après leur indépendance, conserver des liens économiques et culturels privilégiés avec le Royaume-Uni. Ainsi 2,3 milliards d’hommes – soit près d’un tiers de l’humanité – reconnaissent aujourd’hui encore une certaine allégeance à la couronne britannique en souvenir de sa suprématie mondiale au milieu du XIXe s.
En effet, le Royaume-Uni fut, selon l’expression de Fernand Braudel, le centre de l’économie-monde à partir de 1850. Grâce à son rôle décisif dans le déclenchement de la 1ère révolution industrielle, il exerça alors une domination mondiale sur l’économie et la finance, mais aussi d’un point de vue politique et culturel, et l’existence du Commonwealth aujourd’hui encore en est le symbole et le vestige. Toutefois, l’économie mondiale a été plusieurs fois bouleversée au XXe s. par des conflits mondiaux, des innovations, des crises qui ont contribué à modifier la hiérarchie des puissances mondiales qui se livrent une vive concurrence dans le contexte de la mondialisation.
Aussi peut-on se demander autour de quels pôles mondiaux la croissance économique ininterrompue depuis 1850 s’est-elle structurée, quels espaces furent des économies-mondes, impulsant les échanges et dominant l’économie.
Après avoir montré que le Royaume-Uni connut son heure de gloire de 1850 à 1914, nous verrons comment les États-Unis ont ensuite dominé le monde jusque dans les années 1970, avant que n’apparaissent des contestations et des concurrents qui font de l’économie actuelle une économie-monde multipolaire.
2ème proposition (2e exemple d'accroche surtout)
Chaque sortie d’un nouvel IPhone est un événement planétaire : des centaines de milliers de geeks, américains, japonais, chinois, allemands, anglais, etc., fans de la marque à la pomme, se pressent devant les Apple stores du monde entier pour être les premiers à découvrir leur nouveau Précieux. Produit mondialisé par excellence, le smartphone est tout à la fois un symbole culturel international et un bien manufacturé made in world. Conçu en Californie, il est assemblé en Chine à partir de pièces fabriquées aux quatre coins du globe en fonction des disponibilités en matières premières ou en ouvriers qualifiés, avant d’être distribué partout où se trouve une clientèle au pouvoir d’achat suffisant. Il illustre à lui seul la nouvelle division internationale du travail qui voit les pays riches et développés – et en premier lieu, les États-Unis – se cantonner aux tâches à haute valeur ajoutée de conception et marketing, quand la fabrication est délocalisée pour en réduire le coût. Paradoxalement, il contribue donc à creuser le déficit commercial des États-Unis tout en prouvant la puissance économique de ce pays : aujourd’hui l’économie-monde n’est plus seulement américaine mais multipolaire. En effet, ce que l’historien Fernand Braudel a qualifié d’économie-monde, cette capacité qu’ont eu certains États, au cours de l’histoire, à exercer une domination économique à l’échelle de la planète, n’est plus aujourd’hui le fait d’un seul pays, mais de plusieurs.
C’est une nouveauté, car depuis la première révolution industrielle du milieu du XIXe s., l’économie mondiale avait toujours été portée principalement par une région qui faisait de son avance technique un moyen de dominer les autres sur tous les plans. Cependant, l’histoire agitée du XXe s. faite de conflits, d’innovations, de crises a plusieurs fois modifié la hiérarchie des puissances mondiales qui se sont livrées et se livrent encore une vive concurrence dans le contexte de la mondialisation. Aussi peut-on se demander autour de quels pôles mondiaux la croissance économique ininterrompue depuis 1850 s’est-elle structurée, quels espaces furent des économies-mondes, impulsant les échanges et dominant l’économie.
Après avoir montré que le Royaume-Uni connut son heure de gloire de 1850 à 1914, nous verrons comment les États-Unis ont ensuite dominé le monde jusque dans les années 1970, avant que n’apparaissent des contestations et des concurrents qui font de l’économie actuelle une économie-monde multipolaire.



